INTERVIEW ○ ANIA GAREEVA

Candeur insoupçonnée d’une jeune artiste australienne marchant sur des oeufs au lieu de nous les lancer au visage.  Malgré cette retenue, ses dessins eux, explosent telles des bombes à retardement pigmentées. Certains traits de crayon sont plus bavards que leur propriétaire. Alors chut, laissons ces couleurs pipelettes dessiner des visages et nous raconter leurs histoires. 

Qui es-tu Ania Gareeva ?
Je suis étudiante en art, et j’adore les chats. Je pense être principalement quelqu’un de calme, à moins d’être avec mes amis. Je suis absolument fan des sushis et je déteste les escargots. J’aime lire, tous genres littéraires confondus, bien que mes auteurs favoris du moment soient Kurt Vonnegut et Haruki Murakami. J’adore faire du vélo et aller à la plage, participer à des vernissages, et voyager.

Quatre mots pour décrire ton travail ?
Pop-surréaliste, technicolor, extra-terrestre, curieux

D’où vient ton inspiration ? Qui admires-tu ?
De tout et n’importe quoi ! Mon travail se veut plutôt autobiographique, donc tout dépend de mes intérêts du moment; le travail d’autres artistes, les animés et les mangas que je regarde et que je lis, des livres et des films de toutes sortes, la musique, les couleurs, le temps, etc.
Certains de mes artistes préférées : Travie Louie, Marion Peck, Tim Burton, Matthew Barney, Takashi Murakami, et Goya, ou encore Delacroix, Malevitch, Renoir, Kandinsky, Manet, Monet, Matisse, Ernst, Dali…

Si tes personnages avaient des yeux, que verraient-ils face à eux ?
Ils peuvent déjà tout voir, mais en particulier un univers différent et un monde alternative. Un monde étranger hyper coloré (même si le noir et blanc est bien aussi) peuplé d’étranges créateurs, avec un mélange de cultures, de langages, et d’esthétiques.

Tes visages se transforment en surface vibrante et sonore. Le portrait laisse t-il ou non une place au spectateur ?
Je pense que chacun en a sa propre interprétation, et je ne pense pas que mon travail écrase le spectateur ou qu’il ne tienne pas compte de lui. Chacun en retire ce qu’il veut.

Cette palette chatoyante que tu utilises dans tes dessins, tu sembles également la porter sur toi. Être artiste c’est également être un personnage ?
Tous mes personnages ont quelque chose de moi. Je n’y pense pas consciemment, mais je suppose que mon art émerge de manière inconsciente sous forme de références autobiographiques. J’aime les couleurs; autant dans la réalité (mes cheveux, mes vêtements), que dans mes dessins.

Deux endroits pour se sentir bien à Sydney ?
Mon atelier, la plage ou une piscine d’eau salée

Propos recueillis par Julie Thiébault