INTERVIEW ○ FREJA ERIXÅN

L’œuvre de l’artiste suédoise Freja Erixån est un tableau géant, fragmenté en une ribambelle de situations aussi curieuses que comiques.

Assemblées, ces multiples collages reconstituent un monde dont Freja saisit l’essence, évitant ainsi de le charger à outrance. Pattern d’individus se baladant nus à tous les coins de feuille, et semblant se questionner sur leur existence, l’œuvre de Freja nous rappelle combien le monde dans lequel nous évoluons peut se révéler incongru. Il nous remémore les situations fâcheuses face auxquelles nous avons eu des réactions maladroites ou inappropriées. Frontal et sans détours, son travail nous fait face dans sa simplicité, sans mensonge ni apparat.

Qui es-tu Freja Erixån ?
J’ai 24 ans et je vis à Göteborg en Suède. Ce que je préfère c’est l’eau, les jolies couleurs, le petit-déjeuner, la musique, le soleil, les robes et les grands journaux. J’aime aussi les chiens et parler avec des enfants et des personnes âgées. Ils savent tout.

Quatre mots pour décrire ton travail ?
Les gens, les relations, le collage, les sentiments.

Comment te sens-tu lorsque tu dessines ?
Cela dépend de mon humeur. Quand je suis heureuse, je dessine des choses noires. Et quand ça ne va pas, je dessine des motifs joyeux. Je ne sais pas pourquoi mais ça a toujours été comme ça.

Quels sont tes secrets pour trouver l’inspiration ?
Je cherche bien souvent l’inspiration dans ce qui n’a rien à voir avec l’illustration. Je suis toujours à l’affut des formes et des couleurs qui pourraient fonctionner ensemble, et ça tu peux le trouver partout.

Est-ce que tu penses qu’il existe une esthétique scandinave ?
Oui. Nous vivons de la même manière, utilisons les mêmes sources de recherche, et sommes inspirés par des choses similaires. Ça peut devenir très répétitif, mais je ne cache pas que ça me plait. Le style scandinave est inspiré par les saisons, conscient du développement durable et de notre environnement. Il contient des lignes droites et il est élégant, mais espiègle.

De quoi parle ton travail ?
Mon travail traite des hommes, et des liens que nous créons dans nos vies. De nos pensées intimes, de nos sentiments, et de la façon dont nous agissons vis à vis d’eux. Je crée des histoires pour les autres, qu’ils peuvent interpréter comme ils le veulent.

Vois-tu le monde en deux dimensions ? 
Je dirais que oui.

Aimerais-tu vivre dans tes images?
Les motifs sont toujours inspirés de mon expérience et de la manière dont je perçois ce qui m’entoure, donc d’une certaine manière j’y vis déjà.

Es-tu fascinée par les gens ?
Oui je suis vraiment fascinée par les gens. La façon dont leur corps fonctionne et comment nous nous comportons en diverses situations. Nous sommes tellement durs avec nous-même, ça c’est vraiment fascinant.

Quel genre de personne dessines-tu ?
Je dessine toutes sortes de personnes. Mais quelqu’un m’a dit que je n’ai jamais dessiné d’enfants et c’est peut-être vrai.

Tes personnes sont souvent dans des positions ou des situations bizarres ou absurdes. Te moques-tu d’eux ?
Non, je ne me moque pas des images que je crée. Je dessine des personnes ordinaires et désespérés, dans des situations que nous avons tous rencontrées, et c’est pourquoi les gens peuvent s’identifier et trouver cela drôle. Quand tu regardes ces situations passées avec un certain recul, tu réalises à quel point tu étais maladroit à ce moment-là.

Quelle musique pourrait se trouver en fond sonore de tes dessins/peintures ?
Musique classique. Avec des marmonnements en arrière-fond.

Deux endroits pour se sentir bien à Göteborg?
Les plages nudistes de Saltholmen à Göteborg et la cuisine de mes grands-parents à Gävle.

http://www.ugallery.com/freja-erix-n

Propos recueillis par Julie Thiébault