SHARE ○ LOCAL EYES

Dans les yeux des locaux.

Aujourd’hui j’ai enfilé mon poncho et je vous invite à vous laisser bercer par le projet Local Eyes, conçu et imaginé par Charles-Antoine De Sousa et Lucie Bascoul. Tandis que vos amis partent en Islande et inondent votre instagram de #iceland #moutain #cold, Charles-Antoine et Lucie ont décidé de partager plus profondément leur expérience du voyage et de l’image. Local Eyes remet l’homme au centre de l’univers, au travers de son projet grandeur nature. Le pitch est simple : envoyer un appareil photo jetable à différents locaux d’Alaska, des USA, du Pérou, de Bolivie et du Brésil, ayant accepté l’expérience. Ils ont pour consigne de prendre 39 photos, nombre de poses promises par chaque jetable. Charles-Antoine et Lucie ont ensuite traversé les deux Amériques afin de rencontrer les locaux, de vivre avec eux quelques heures ou quelques jours, et évidemment de récupérer les appareils photos jetables utilisés. Ils ont de plus, filmé chaque personne répondant à une dizaine de questions, à propos de leur expérience de la photographie, du projet, mais également de leur vie et de leur environnement. En résulte un web documentaire interactif où l’on peut naviguer entre les destinations de chaque participant grâce aux flèches directionnelles, en suivant les points cardinaux. Sous chaque vidéo, une sélection des photos prises au jetable par chacun d’entre eux.

Simple je vous dis : une ville, un local, un appareil photo.

Ici les hommes sont aussi importants que les paysages, et le doc nous révèle finalement que pour connaitre une ville ou un pays il faut parler avec ses habitants. Le point de vue interne, presque gonzo du résultat final nous permet de « nous introduire dans la vie des personnes qui vivent à cet endroit », tel que nous le confie Andreis à Santa Cruz. Voyage virtuel totalement immersif où durant dix minutes vous aurez l’impression de faire partie de la bande de potes de Kendra à Anchorage, de partager le rude quotidien de Falcon à Si Hua ou de gravir une montagne avec Mason à Bishop.

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Chaque participant devient un touriste dans sa propre ville. Expérience rythmée par le « décompte auditif » du jetable, figeant à jamais un point de vue à un instant T. Il s’agit réellement de capturer l’instant, sans possibilité de le relâcher en appuyant sur delete. Et ces instants, sont des perspectives uniques, puisqu’il s’agit de « la vision différente de quelqu’un de différent ». Ils ne prétendent pas à l’exactitude ou à l’exhaustivité dans leurs photographies qui ne sont qu’une des multiples facettes de leur ville. C’est ce qui en fait précisément leur richesse. Ces photos c’est eux avant d’être Sao Paulo ou Portland. C’est une somme de moments, de détails, de regards, qui ensemble forment le puzzle de leur vie.

Mon périple virtuel terminé, je n’ai qu’un mot en tête : ENCORE.

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Mon conseil coup de coeur, de Jobez (Homer) : « Et les élans sont dangereux aussi donc si vous allez en Alaska, souvenez-vous que ce n’est pas juste l’ours ».

Julie Thiébault

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