INTERVIEW ○ Frances Cannon

Je m’aime

Vêtu.e des pieds à la tête ou nu.e comme un ver, nous suivons chacun.e notre chemin vers l’acceptation et l’amour de nous-même. Notre libre arbitre nous permettant de faire des choix, il faut ainsi faire tous les matins celui de tomber en amour pour soi. Les anglo-saxons ont une jolie palette de mots pour saluer ces concepts trop longtemps laissés aux oubliettes des complexes inventés par la société : le body positive et le self love. Apprendre à porter un regard attendri sur notre corps et ce que l’on appelle nos défauts, savoir être indulgent.e envers soi et avoir la gentillesse de se respecter, permet ainsi d’être en harmonie avec qui on est. Qui mieux que l’art pour révéler aux êtres qu’ils sont beaux ? Peu importe qu’ils aient une, deux, huit jambes ou zéro. Frances Cannon fait partie de ces artistes dont les dessins inondent notre fil instagram et distillent l’idée qu’être soi c’est pas si mal et qu’au contraire c’est même génial.

Qui es-tu Frances Cannon ?
Je suis une artiste/étudiante en art et je suis à Melbourne en Australie. J’aime les chiens, cuisiner, le shopping, embrasser et bien sûr dessiner ! Je suis drôle (parfois), timide, honnête et vraiment naïve. Je mange beaucoup de chocolat et bois beaucoup de thé.

Quatre mots pour décrire ton travail ?
Simple, espiègle, honnête, puéril

De quoi parle ton travail ?
Mon travail parle du fait d’être humain. J’aime discuter de sujets tels que l’amour de soi, les émotions, l’anxiété et la dépression, le sexe et la sexualité, les relations. Je traite ces sujets d’une façon très personnelle et sincère.

Comment tomber amoureux de soi-même ?
C’est une décision que tu dois prendre tous les jours ! Lève toi et dis « Aujourd’hui je CHOISIS de m’aimer, de prendre soin de moi, et de m’accepter telle que je suis ».

Que permettent les selfies et les autoportraits ?
Prendre des selfies et les poster sur les réseaux sociaux est comme affirmer d’une manière positive « Je suis belle et je n’ai pas peur de le dire! »

L’art, grâce à la diversité, peut-il être un moyen pour les filles d’accepter leur corps ?
La télévision, le cinéma et les médias sont lents à montrer la diversité (des couleurs, des tailles, des genres, etc.) Les artistes ont l’opportunité de créer une vitrine à la diversité que les autres médias n’ont pas. Une fois que les gens ont commencé à réaliser que chacun est différent et que chacun est beau, ils peuvent apprendre à s’accepter et à s’aimer eux et les autres.

C’est quoi être une fille aujourd’hui ?
Pour moi être une fille/femme c’est accepter son corps, peu importe à quoi il ressemble, être gentille envers moi-même et avec les autres, et toujours essayer d’être la meilleure personne que je puisse être !

Tes dessins sont autobiographiques et également universels. Avant de changer le monde il faut commencer par soi-même ?
Le changement se produit une étape à la fois. Si une personne commence à montrer de l’amour envers elle-même et à s’accepter, les autres commencent à faire pareil ! Mon voyage d’amour de soi (et mon art documentant ce voyage) a aidé et inspiré tant de femmes à s’aimer et s’accepter ! C’est un véritable honneur et j’en suis tellement reconnaissante.

Quelle musique pourrait-se trouver en fond sonore de tes dessins ?
Peut-être de la musique des nineties très girl power comme Destiny’s Child ou Whitney Houston !

Deux endroits pour se sentir bien à Melbourne ?
The NGV (National Gallery of Victoria) et manger des dumpings quelque part à Little Bourke St (miam)

Propos recueillis par Julie Thiébault